Vasectomie: Les risques peu abordés d’une intervention à la mode

Depuis quelques années, un nombre croissant de femmes ne veut plus des risques et effets secondaires des contraceptifs de synthèse. Les hommes sont encouragés à “faire leur part”. Ils sont donc de plus en plus nombreux à se tourner vers la vasectomie.

Aux USA, 1 homme sur 5 de plus de 35 ans est vasectomisé. Cette opération est devenue courante. Néanmoins, qui dit courant ne dit pas forcément sans conséquences. Il se trouve que l’on entend peu parler des risques de la vasectomie.

Etant donné que les avantages de la vasectomie sont amplement relayés, comme pour la pilule autrefois, nous allons pour notre part vous présenter l’autre côté du tableau. C’est-à-dire les risques et effets secondaires possibles relevés au travers d’études scientifiques.

Les faits en bref autour de la vasectomie

La vasectomie est une opération chirurgicale de stérilisation masculine fiable d’un point de vue contraceptif à 99.9% (source : OMS “ A global Handbook for Providers. 2018”). 

L’opération inverse est possible, mais le succès n’est pas garanti. 

Les conséquences à long terme de ce changement anatomique permanent sur la santé de l’homme sont encore débattues. Pourtant, en occident, cette méthode est largement mise en avant. Elle est présentée comme ne comportant que de très faibles risques pour la santé et le bien-être masculin.

Ce sont presque systématiquement les études dont les résultats montrent de faibles niveaux de risques qui sont citées. Pourtant, des études aux résultats moins rassurants existent également.

Contexte financier de la vasectomie 

Le marché mondial de la vasectomie pèse 19.31 milliards de dollars en 2023. Il est estimé à 27.97 milliards de dollars pour 2028. Source.

Les documents d’analyse de marché pour la vasectomie citent dans la rubrique des “drivers” du marché: 

– la préoccupation actuelle des gouvernements vis-à-vis de l’augmentation de la population et leur volonté d’encourager la stérilisation. 

– la préférence croissante vers des méthodes chirurgicales peu invasives.

Sources: 

La procédure pour réaliser une vasectomie 

Définitions

Les spermatozoïdes = cellules reproductrices mâles. Créées dans les tubes séminifères à l’intérieur des testicules. 

Épididyme = long tube replié qui conduit des testicules au canal déférent. Il conserve, transporte et assure la fin de maturation des spermatozoïdes.

Canal déférent  = tube transportant les spermatozoïdes de l’épididyme aux vésicules séminales.

Le sperme = liquide produit par les vésicules séminales et la prostate et auquel se mélangent les spermatozoïdes une fois sortis de l’épididyme. Les spermatozoïdes ne représentent que 2-3% du sperme.

Illustration Emilie Courcelle rallumonslesetoiles.fr

Intervention

L’opération consiste à couper ou bloquer les canaux déférents, qui sont les tubes transportant les spermatozoïdes de l’épididyme aux vésicules séminales. Les spermatozoïdes ne peuvent donc plus circuler pour rejoindre le liquide séminale. Ils doivent alors être détruits par l’organisme dans l’épididyme. 

«Après l’intervention, les spermatozoïdes continuent d’être produits, mais ils s’accumulent dans l’épididyme. On ne sait pas exactement comment ils sont éliminés par la suite.» Professeure Sylvie Breton de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

Première chose à comprendre: la vasectomie perturbe le fonctionnement physiologique naturellement prévu par le corps. La réaction n’est pas la même que pour un homme qui n’aurait pas d’éjaculation pendant une longue période. Dans ce dernier cas, les spermatozoïdes peuvent tout de même rejoindre le liquide séminale. Et c’est le sperme qui se renouvèle. 

Dans le cas de la vasectomie, le but est de garder la possibilité d’éjaculer. Les spermatozoïdes sont bloqués dans l’épididyme et doivent être détruits à cet endroit-là. Ce qui n’est pas physiologique. 

Risques et effets secondaires de la vasectomie : qu’en disent les études ? 

Risques de douleurs chroniques suite à une vasectomie

La fréquence des douleurs chroniques suite à une vasectomie est controversée. Certaines enquêtes rapportent un taux inférieur à 1%. D’autres un taux entre 1-2%. Des sondages montrent une fréquence de 15%, avec des douleurs sévères qui affectent la qualité de vie dans 2% des cas.  

Une méta-analyse datant de 2020 relève que le syndrome des douleurs chroniques survient dans 5% des cas. Elle conclue que ce syndrome est plus fréquent que ce qui avait été rapporté précédemment. Les niveaux de douleurs sont plus élevés avec la technique du scalpel traditionnel en comparaison de la technique sans scalpel, mais la fréquence est identique pour les deux techniques.

Selon Sylvie Breton, PhD, professeure à la Harvard Medical School, des douleurs chroniques au scrotum s’observent chez environ 10% des hommes vasectomisés.

Risques de cancer de la prostate liés à la vasectomie

Selon une étude menée sur 38 ans et parue en janvier 2020 (Anders Husby, Jan Wohlfahrt, Mads Melbye): Les hommes vasectomisés présentaient un risque accru de cancer de la prostate par rapport aux hommes non vasectomisés. Ce risque persiste pendant au moins 30 ans après l’intervention et est observé quel que soit l’âge au moment de la vasectomie et le stade du cancer au moment du diagnostic.

Conclusions de l’étude : La vasectomie s’associe à une augmentation statistiquement significative du risque à long terme de cancer de la prostate. Le risque accru absolu après une vasectomie est néanmoins faible, mais nos résultats confirment l’existence d’une relation entre les facteurs reproductifs et le risque de cancer de la prostate.

Selon une étude qui a suivi 37’800 hommes non vasectomisés et 10’055 hommes vasectomisés entre 1986 et 1990 (J Bowersox, K Smigel): Le risque de cancer de la prostate augmente de 66% chez les hommes vasectomisés. Ce risque est encore plus grand chez les hommes qui ont fait la vasectomie il y a plus de 22 ans (87%).

Selon une étude de 1993 qui a suivi 14’607 hommes non vasectomisés et 14’607 hommes vasectomisés: constat d’un risque accru de cancer de la prostate de 56% suite à une vasectomie. Le risque augmente aussi 20 ans après l’opération (89%).

Etude des risques de cancer de la prostate suite à une vasectomie, avec absence de biais liés à la fréquence du diagnostique

Selon une étude (1997) menée en Inde sur 175 hommes ayant un cancer de la prostate et 978 hommes ayant un autre cancer (E A Platz, B B Yeole, E cho, D J Jussawalla, E Giovannucci, A Ascherio) : Cette étude évalue la relation entre la vasectomie et le cancer de la prostate dans une population sans dépistage systématique du cancer de la prostate. Elle ne présente donc pas le biais possible reproché aux autres études par rapport au fait que les hommes vasectomisés ont plus régulièrement des contrôles de la prostate et sont donc plus diagnostiqués. 

Conclusion : les résultats confirment l’hypothèse d’une association faible mais positive entre cancer de la prostate et vasectomie. 

Une étude (Z N Mo, X Huang, S C Zhang, J R Yand) suggère que la vasectomie peut causer une réduction du taux de testostérone en minimisant la conversion de testostérone en dihydrotestostérone sur le long terme. Elle soutien l’hypothèse qu’un effet à long terme de la vasectomie peut être d’élever le risque de cancer de la prostate. Elle précise que plus de recherches sont nécessaire pour confirmer ou réfuter cette hypothèse.

Note sur les niveaux de risques de cancer de la prostate suite à une vasectomie :

Il existe d’autres études dont les résultats sont opposés et concluent qu’il n’y a pas de lien entre vasectomie et cancer de la prostate. Ce sont les études citées pour présenter la vasectomie comme inoffensive pour la santé. Vous les trouverez également sur Pubmed ou vous pouvez les demander à votre médecin. Le but ici est de vous montrer que la science n’est pas unanime vis à vis de la sécurité de la vasectomie, le débat reste ouvert et d’autres études sont en cours. 

Formation de granulomes

Selon Anthony J Viera, MD, MPH: 

“Un granulome de sperme se produit chez 15 à 40 % des hommes qui subissent une vasectomie. Un granulome de sperme est une masse qui se développe au fil du temps en raison de la réaction immunitaire du corps au sperme qui fuit de l’extrémité coupée du canal. Il est généralement traité avec un médicament anti-inflammatoire, comme l’ibuprofène. La masse n’est pas dangereuse. Cependant, il existe de rares cas dans lesquels un granulome du sperme provoque une gêne scrotale importante. Cela peut être traité en enlevant chirurgicalement le granulome”.

Source : https://www.uptodate.com/contents/vasectomy-beyond-the-basics

Dans le document “Physiologic consequences and complications of vasectomy », 1988, de M Mc Cormack and S Lapointe nous pouvons lire : « Des granulomes peuvent se former aux sites d’extravasation des spermatozoïdes. Des études hytopathologiques suggèrent que ces granulomes sont probablement des réactions inflammatoires aux spermatozoïdes extravasés. Bien qu’aucun changement anatomique de la prostate n’ait été décrit, certaines données suggèrent que la vasectomie diminue la fonction sécrétoire de la prostate. Le mécanisme et la possibilité de cette observation sont inconnus. »

Risques de réaction auto-immunes liés à la vasectomie

Selon une étude publiée en 1980 (T G Wegmann, R Raghupathy):

“Une évaluation optimiste de la “sécurité” de la vasectomie malgré l’absence apparente d’effets secondaires nocifs peut avoir été prématurée. De nombreuses études sur une variété d’espèces animales vasectomisées montrent que des anticorps anti-spermes se développent après une vasectomie. De plus, 50% des hommes vasectomisés se sont révélés avoir des anticorps anti-spermes après la vasectomie. Par inférence, cela signifierait une source chronique de complexes antigène-anticorps qui pourraient conduire à une pathologie vasculaire étendue, y compris des lésions endothéliales entraînant des vascularisations aiguës et une athérosclérose chronique.”

Selon une étude publiée en 1981 (S K Shahani, NS Hattikudur): 

“Chez plus de 50% des hommes, la vasectomie conduit à une pathologie auto-immune. La réponse auto-immune aux spermatozoïdes après vasectomie est déclenchée par la phagocytose du sperme dans l’épididyme. Dans la réponse immunitaire humorale, les spermatozoïdes s’agglutinent, les spermatozoïdes s’immobilisent et des anticorps contre les protamines nucléaires du sperme se produisent, dès 3-4 jours après la vasectomie. L’incidence atteint 60-70% en 1 an et reste presque la même après 20 ans. La présence et les effets de complexes immuns circulants après vasectomie sont discutés en référence à l’incidence accrue rapportée d’athérosclérose et d’orchite auto-immune chez les animaux de laboratoire. Il n’y a aucune conclusion positive si la vasectomie mène à l’immunité à médiation cellulaire aux spermatozoïdes.

Les changements immunologique peuvent se manifester de 2 manières: ceux qui affectent l’anatomie, soit grossière, microscopique ou submicroscopique, et l’effet indésirable sur les mécanismes physiologiques dans le tractus reproducteur pourrait être dû à la présence d’anticorps contre les antigènes spécifiques au sperme et peut réagir de manière croisée avec d’autres tissus et sécrétions du corps.”

Un environnement propice à l’inflammation

Sylvie BRETON de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, nous apprend l’information suivante : 

L’accumulation de spermatozoïdes qui survient suite à une vasectomie pourrait créer un environnement propice à l’inflammation de l’épididyme. Ce phénomène est une cause potentielle lors de douleurs chroniques au scrotum observées chez environ 10% des hommes vasectomisés

Les chercheurs n’ont pas vu de signes d’inflammation aiguë ni de dommages cellulaires chez les hommes vasectomisés, mais les cellules de l’épididyme semblaient en état d’alerte chronique. «L’accumulation de spermatozoïdes causée par la vasectomie semble créer un environnement local propice à l’inflammation. Les cellules de l’épididyme pourraient avoir une réponse inflammatoire exacerbée advenant un choc ou une blessure aux testicules», résume l’auteure.

Que penser des risques d’une vasectomie ? 

Le but de cet article n’est pas de vous persuader que la vasectomie est une mauvaise option pour votre couple. Notre objectif est d’encourager les couples à faire des choix contraceptifs qui tiennent compte de la santé de chaque partenaire. Pour la vasectomie, il est essentiel de sortir de la tendance actuelle à esquiver la discussion sur les risques potentiels.

Pendant des dizaines d’années, la pilule était présentée comme la solution libératrice idéale pour les femmes et les couples. Depuis quelque temps, on se rend compte que ce médicament n’est pas anodin et comporte un nombre de risques et effets secondaires impressionnant. Entre-temps, la santé de milliers de femmes s’est péjorée sans qu’elles en aient conscience. Il est possible qu’il se passe la même chose avec la vasectomie.

Les risques et effets secondaires ne se révéleront certainement pas d’une telle ampleur pour la santé des hommes. Par contre, aux vues des études citées, il est clair que l’opération n’est pas sans risque non plus. Nous soulignons ici que des douleurs chroniques au scrotum apparaissent chez environ 10% des hommes vasectomisés.

Conclusion des auteures

Nous pensons que la nature nous a créés en tant qu’êtres harmonieux. Chaque élément de notre corps a un sens, un rôle. Ce n’est pas parce que l’intervention est rapide, facile et courante qu’elle est sans effets et sans risques.

Pour nous, toute intervention impactant un processus physiologique a des conséquences. Et n’oublions pas, notre système reproducteur et nos hormones ne sont pas seulement là pour la procréation. Ils répondent à un nombre de fonctions incalculables dans notre corps. Tant pour la femme que pour l’hommes, ils sont essentiels à notre santé et notre bien-être. 

Finalement, si deux adultes responsables sont en capacité d’avoir des relations sexuelles, ils sont certainement en capacité de se former à une méthode d’observation du cycle naturelle et respectueuse des corps de chacun.

Dans ce registre, la symptothermie est une méthode de contraception scientifique fiable et sans aucun effet secondaire.

A propos des auteures de cet article :


Tamara Duquesnes, formatrice en symptothermie et fertilité holistique certifiée. Je suis mariée et maman de trois enfants, j’ai aussi quatre poules, deux coqs, deux chats et un chien. Je propose des formations à la symptothermie pour la contraception naturelle, aide à la conception, préparation du mariage et également des ateliers mère-fille autour de la puberté, sur place dans les Côtes d’Armor ou en ligne. Me contacter ou +33 6 07 98 75 89 .

Justine Petten, formatrice en symptothermie et fertilité holistique certifiée. Je suis également maman et femme au foyer, vivant dans un petit village de montagne aux pieds des Dents du Midi. Je propose, en ligne ou dans la région de Monthey, des formations et suivis en contraception naturelle, aide et préparation à la conception, troubles du cycle et éducation menstruelle. L’alimentation ancestrale et les traditions de nos ancêtres me passionnent particulièrement et je puise dans ces sagesses pour accompagner les femmes et les couples. Me contacter ou +41 77 418 54 78.

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